Le confinement quand on est hypersensible

Nous sommes tous transportés dans une période inédite, celle de la contamination du COVID-19. Tel le film Contagion[1], nous vivons une situation sans précédent.

Pour les personnes hypersensibles, cette période peut être vécue de différentes manières.

Paradoxalement à ce que l’on pourrait imaginer, certaines personnes hypersensibles vivent très bien cette période extrêmement  particulière. Pour elles, le fait de rester chez elle #restezchezvous est agréable et appréciable. Les stimuli comme la quantité de personnes dans les rues, l’agitation, le bruit sont souvent ce qui est le plus difficile pour de nombreuses personnes hypersensibles, alors ce ralentissement général des activités, de l’organisation globale sont perçus comme une forme d’apaisement. La diminution du nombre de la population à l’extérieur, du planning surchargé ou du nombre de choses à faire et le calme abaisse instantanément la quantité de stimulation. De nombreuses personnes hypersensibles me disent qu’elles vivent cette période avec sérénité, que cela leur fait du bien, qu’elles accueillent ce temps, qu’elles en profitent pour se ressourcer. Elles me racontent que le télétravail leur permet de faire leur activité différemment et surtout de mettre à distance certaines relations professionnelles compliquées.  Elles estiment que c’est très bien comme cela. Elles m’expliquent qu’elles lisent, rangent, font du trie, se reposent. Seul un léger sentiment de culpabilité de vivre cette situation positivement tandis que tant d’autres sont en grande ou très grande difficulté les envahit par moment.

Cette période de confinement peut être un moment suspendu dans le temps, une parenthèse, une occasion de faire un bilan, de remettre sur l’établi des ouvrages laissés de côté ou de recontacter des personnes avec lesquelles nous avions perdu contact depuis un long moment.  

D’autres personnes hypersensibles vivent cette période avec beaucoup de difficulté et d’angoisse. Le plus grand obstacle pour les personnes hypersensibles dans cette période étant la solitude. De nombreuses personnes hypersensibles vivent seules et cette période de confinement accentue leur sentiment d’isolement. Les relations sociales sont pour bon nombre d’hypersensibles un sujet délicat et ce temps ne va pas jouer en leur faveur. Même si habituellement, elles cherchent le repli, le fait que cet isolement soit imposé et pas choisi va être vécu comme un poids supplémentaire. Les pensées vont tourner en boucle dans leur tête et l’impossibilité de sortir ou de changer de décor pour se changer les idées va accentuer l’angoisse. Pour certaine, la peur d’être malade, contaminé, ou qu’un proche le soit peut également aggraver l’état psychologique de la personne hypersensible. Certaines personnes ont la possibilité d’aller en extérieure parce qu’elles ont un jardin ou une forêt à proximité, mais d’autres vivent dans des appartements exigus ou elles y sont très à l’étroit même seules. L’absence de relation avec la nature peut également accentuer leur anxiété.

Cette période de confinement peut être l’occasion soit d’un ressourcement, soit d’une anxiété accrue. 

Qu’est-ce que je peux faire pour vivre le mieux possible cette période de confinement si c’est difficile pour moi ?

Voici des choses simples que vous pouvez essayer de mettre en place :

  • Ne regarder l’actualité qu’une seule fois dans la journée, simplement pour être tenu informé
  • Ne regarder aucune émission qui parle du Covid-19
  • Conserver un rythme dans l’organisation de son temps
  • Se lever presque à la même heure durant la semaine que lorsque je vais travailler
  • Manger à heure fixe un vrai repas
  • Trouver une occupation qui va occuper la matinée complète : télétravail ou autre
  • Déjeuner à la même heure qu’en dehors du confinement 
  • Couper l’après-midi en deux temps pour deux activités différentes entrecoupé par un goûter
  • Éviter de regarder la télévision dans la journée
  • Éviter de dormir dans la journée ou de faire des siestes trop longues
  • Regarder un film joyeux, comique ou intéressant le soir
  • Téléphoner au moins à une personne par jour
  • Faire la liste de tout ce que je me dis que je ferais chez moi si j’avais du temps et que je ne fais pas
  • Commencer à faire les choses les unes après les autres de la liste par ordre de préférence
  • Faire la liste de tout ce que j’aimerai faire après le confinement
  • Manger des produits frais et de couleurs si possible : tomates, concombres, avocats, etc.
  • Se préparer des choses à manger que l’on aime
  • Conserver son rituel de bien être : méditation, yoga,
  • Lire
  • S’occuper d’une plante verte

Voilà un programme qui peut vous aider à continuer ce confinement le mieux possible.

Ce confinement ne laissera personne indifférent, pour certains cela aura été un moment de détente, pour d’autre une épreuve. Nous aurons chacun des souvenirs et des douleurs à panser. Nous aurons tous, tels les attentats, de lourdes pertes autour de nous un membre de la famille, de gens que l’on connaissait, quelqu’un avec lesquels nous avons travaillé, des voisins, des amis, des clients, des collègues qui auront été hospitalisés ou qui nous auront quittés. Nous nous souviendrons tous de l’énergie, de l’implication et de l’investissement humain de tous les soignants, médecins, infirmières, aides-soignantes, ambulancier, personnels hospitaliers et aussi de toutes les activités parallèles qui ont continué pour nous, caissières, chauffeurs, coursiers et tant d’autres. Il y aura un avant et un après le COVID-19. La décroissance a pris ici un rythme accéléré. Tachons là aussi à dès aujourd’hui se préparer au mieux à l’après COVID-19.

Bon courage à toutes et tous

Charlotte Wils

  • [1] Film réalisé par Steven Soderbergh avec Kate Winslet, Matt Damon, Marion Cotillard,

 

8 réflexions sur “Le confinement quand on est hypersensible”

  1. Merci pour ce texte, je me retrouve dans beaucoup d’éléments notamment le rythme que je tente de m’imposer pour garder un équilibre et une hygiène de vie saine.
    En effet, je ne subis pas le confinement, au contraire cela me permet de laisser à l’extérieur tout ce qui m’angoissait au quotidien, les épreuves dans lesquelles je m’étais lancée et me coupaient de mon oxygène. J’ai tout de même toujours une petite voix qui me rappelle qui faudra bien les reaffronter un jour. Je tente de me ressourcer pendant cette treve.
    Puis, je ne suis pas uniquement touchée par le confinement, j’ai connu également la maladie. Là, je confirme, mon anxiété a accentué les symptômes. Les informations à la télé me terrifiaient. Je les suis avec davantage de recul maintenant. Et encore aujourd’hui, pourtant guérie, je suis tétanisée à l’idée de contaminer une personne de mon entourage surtout qu’elles sont principalement à risque. Alors, je suis d’autant plus heureuse de rester chez moi
    Prenez soin de vous

    1. Charlotte Wils

      Merci infiniment Eline pour votre témoignage si bouleversant et je suis sincèrement soulagée que vous soyez remise de la maladie. Surtout prenez soin de vous et de vos proches.
      Bien à vous
      Charlotte

        1. Charlotte Wils

          Merci Anne-Claire,
          J’espère que vous allez bien ! Prenez soin de vous également et de vos proches.
          Amitiés
          Charlotte

  2. Ping : Hypersensible et confinée – Turbulette ou Gigoteuse?

  3. Merci pour ce texte criant de vérités. Pour ma part je vis ce confinement comme un apaisement et je tente d’aider via mon travail à l’hôpital les personnes qui le vivent moins bien que ça soit physiquement et psychologiquement.
    Merci Charlotte

    1. Charlotte Wils

      Merci infiniment Sandra pour votre message et votre pour votre travail à l’hôpital.
      Encore Merci et surtout prenez soin de vous.
      Charlotte

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