L’hypersensibilité
L‘hypersensibilité se définit comme une manière d’être plus fortement affecté par les choses, les événements et les situations que l’on vit. C’est ce que l’on nomme l’hyperstimulation.
Selon les personnes et les individus, cela peut être la foule, le bruit, les lumières, les boutiques, les supermarchés, les situations d’examen, d’entretien ou certaines situations professionnelles ou les relations personnelles ou intimes, pour d’autres cela sera des questionnements incessants dans leurs têtes, sur eux, sur des choix à faire, des décisions à prendre, le faire de vouloir tout faire et ne rien choisir, des questionnements sur ce que les autres pensent d’eux, de comment ils se voient, s’évaluent, se comparent et pour d’autre c’est la difficulté a créer un lien, des liens, cette sensation permanente d’être constamment rejeté, abandonné que de toute façon personne ne voudra jamais d’eux, jamais.
Dans tous les cas, notre vie est un enfer la plupart du temps avant de découvrir cette caractéristique spéciale, cette atypie que je nomme singularité précieuse.
Les émotions
Qu’elle soit sensorielle, cognitive ou intuitive, cette hypersensibilité est presque toujours émotionnelle.
En d’autres termes, dans la plupart des cas, ce sont les émotions qu’elle génère qui posent « problème ». Ainsi, l’hypersensibilité est presque toujours émotionnelle, et ce sont bien les émotions qui constituent la principale difficulté pour les personnes hypersensibles.
Les émotions sont nombreuses et variées : joie, tristesse, colère, amour, honte, peur, plaisir, douleur, culpabilité, dégoût, frustration, déception, regret, solitude, sérénité, curiosité, surprise, anxiété, espoir, fierté, gratitude, jalousie, et bien d’autres encore.
Les émotions ne sont pas « un problème », mais au contraire « des messagères » qu’il est nécessaire d’accueillir, d’observer et d’écouter. (Extrait écrit par Charlotte Wils dans La Charge affective)
C’est un peu comme lorsque vous tapez à la porte de quelqu’un. Vous savez que la personne est présente, mais personne n’ouvre, vous tapez un peu plus fort, toujours personne ne vient ouvrir. Vous l’entendez de l’autre. Alors vous tapez encore plus fort. C’est exactement pareil avec vos émotions. Moins vous les entendez, plus elles se font entendre.
Il n’y a pas de notions de genre concernant les émotions, hommes et femmes sont logés à la même enseigne.
Cependant la manière de les traiter est sensiblement différente : les femmes en parlent peut-être davantage que les hommes. Ce qui leur permet d’exprimer leurs ressentis dans leur communication. Cela nécessite de trouver le bon dosage pour ne pas se noyer. Les hommes ont plus tendance à les contrôler consciemment ou inconsciemment. En parler plus leur permettrait de mieux se comprendre et favoriser une meilleure communication.
Les hypersensibles submergés par leurs émotions
Certains hypersensibles sont très rapidement submergés par leurs émotions. À la fois par la quantité d’émotions, mais aussi par l’intensité de l’émotion.
Que les émotions soient positives ou négatives, les personnes hypersensibles vivent les événements de manière intense et sont plus fortement affectées par ce qu’elles ressentent.
Les émotions sont plus intenses chez les personnes hypersensibles parce que l’émotion est créée par le cerveau à partir de leurs cinq sens. Et puisque les sens des personnes hypersensibles captent plus d’informations sensorielles, les émotions sont plus fortes. La difficulté est que dès que la personne hypersensible est submergée par ses émotions, elle perd ses moyens pour se défendre ou pour se préserver. (Extrait de Hypersensibles en situation de Harcèlement)
Les hypersensibles qui ne ressentent pas leurs émotions
Certains hypersensibles ne ressentent pas leurs émotions. Soit parce qu’ils ont vécu une enfance ou une adolescence très difficile, subie des événements violents ou des situations menaçantes, allant de violences verbales et psychologiques à un stress permanent, ils ont appris malgré eux à refréner leurs émotions. La plupart de ces personnes hypersensibles ont grandi dans un contexte d’insécurité important et sont habituées à ne pas montrer leurs émotions pour se protéger en les bloquant. Cela ne veut pas dire qu’ils ne vivent pas d’émotions, mais juste qu’ils les bloquent.
À l’âge adulte, cette stratégie de protection inconsciente est devenue une habitude. Conscient que quelque chose ne va pas, puisque cette stratégie c’est comme « verrouiller la « soupape » ou le « régulateur de pression » de la Cocotte-Minute ». Le souci est qu’à un moment donné ils n’arrivent plus à contenir la quantité d’émotions accumulées. Et lorsqu’ils n’y arrivent plus, cela implose. Burn-out, addictions, dépression, stress ou autres. Parfois cela peut prendre beaucoup d’années avant d’imploser, mais quand ça pète, ça fait mal.
Que faire avec cette hypersensibilité émotionnelle ?
Qu’elles nous submergent ou qu’elles soient bloquées, l’écologie du corps humain a besoin que ces émotions circulent. Mais telle une rivière qui ne devrait être ni en crue ni avec un barrage, nous devons apprendre ou réapprendre à acceuillir nos émotions. Il existe différentes techniques pour travailler les émotions. Se rapprocher d’un thérapeute pour travailler les émotions peut apporter une amélioration du bien-être mental, physique, spirituel et relationnel dans de nombreux moments de la vie quotidienne.
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