« Les Hypersensibles » donne la parole à la fois aux personnes hypersensibles à travers des témoignages, des récits, des interviews, mais aussi aux praticiens qui a travers des approches différentes et variées aident les personnes hypersensibles à mieux vivre leur hypersensibilité. Nous recueillons aujourd’hui le témoignage de Deborah NATAF massothérapeute qui nous raconte le chemin qu’elle a parcouru pour arriver à trouver sa place.
Je suis Deborah Nataf, j’ai 52 ans et je suis massothérapeute depuis bientôt deux ans alors que je pratique le massage depuis 15 ans. Avant je n’osais pas me lancer. Mais deux événements ont été déclencheurs dans cette décision que je ne regrette absolument pas : mes séances avec Charlotte juste après avoir découvert mon hypersensibilité puis un voyage à Bali.
Je me suis toujours sentie « à part ». Depuis que j’ai compris que j’étais hypersensible, ma vie a changé, j’ai donc changé de métier. Et l’hypersensibilité est un vrai atout pour le massage.
Mais revenons au début !
Dans une définition des personnes multipotentielles, j’ai lu « Elles sont passionnées par tout et n’aiment parfois aller au bout de rien, elles procrastinent, ne savent ce qui pourrait les intéresser ». Cela me correspondait bien !
En 2010, alors que ma vie personnelle changeait, j’ai fait une première formation de massage thaï traditionnel, avec l’idée peut-être d’en faire un nouveau métier. Même pendant la formation je me suis sentie différente des autres stagiaires, je ne savais pas encore que j’étais hypersensible. Je sentais plus de choses que les autres, je comprenais plus vite, je sortais du protocole. J’aime immédiatement ce toucher, mais pour autant je ne me lance pas. Le massage…c’est mal vu, encore une lubie a dû dire mon entourage.
Une bonne hypersensible, multipo !
Je ne sais si l’hypersensibilité va de pair avec être multipotentielle, mais en tout cas le fait d’être passionnée par de multiples choses m’a amené à exercer une ribambelle de métiers.
J’ai toujours rêvé de travailler à la télé, j’ai réalisé ce rêve à différents postes de journaliste cinéma à chef d’édition en passant par auteur de jeux télé. Mais comme l’autosabotage va assurément de pair avec l’hypersensibilité, à force de m’autosaboter, je m’y suis perdue, j’ai quitté ce monde fabuleux et ingrat.
Pendant ces années télé, j’ai aussi fait du théâtre pendant trois ans, réalisé un making-of pour le cinéma, fait deux enfants…
Comme une bonne hypersensible, multipo que je suis, je continue divers métiers en partant dans tous les sens (toujours auteur de jeux, je travaille avec mon frère dans son restaurant, etc.) et parallèlement je fais d’autres formations de massages.
Mais ce n’est toujours pas un métier…
En 2016, nouvelle vie, je quitte Paris pour suivre ma compagne qui m’emmène à Nancy, puis Strasbourg et enfin Lille aujourd’hui. Allez de ville en ville, ça je le connais bien, dirait Véronique Sanson (Ah oui ! la musique ne me quitte jamais ! je n’ai pas dit, mais j’ai aussi été DJ dans ma jeunesse !) D’ailleurs, ma playlist de massage, composée de versions acoustiques de chansons connues est très personnelle, et, nombreux sont les clients qui m’en font l’éloge. Un vrai plus qui vous emporte pendant le massage. Et ça aussi je le dois à mon hypersensibilité !
Même si je ne cesse de faire des massages occasionnellement, je m’obstine à vouloir travailler dans la communication. Je suis devenue indépendante et je réalise des vidéos pour les entreprises. Je m’y plais, mais je ne me sens pas légitime, car je me suis formée seule grâce à mon expérience télé. J’ai l’œil, une sensibilité, pas forcément toute la technique, je continue à m’autosaboter !
Mais le massage trotte dans ma tête. Une chose m’en empêche : « Tu fais quoi dans la vie ? du massage ! » Je ne me sens pas prononcer cette phrase. Pas assez bien vu.
Je me souviens lors d’une séance avec Charlotte, elle m’avait dit que j’étais dans une barque, mais je me laissais dériver au gré du vent.
Cela devient une évidence.
Puis il y a deux ans, je pars à Bali avec mes enfants. Là-bas, on se fait masser presque tous les jours, j’y fais également une autre formation. Je me rends compte à quel point la culture du massage est tellement ancrée chez eux. Cela devient une évidence.
Ça y est ! je me lance ! « Tu fais quoi dans la vie ? Du massage, mais avant j’étais journaliste ! » (toujours besoin de justifier le côté intello)
Et comme entre temps j’ai mis un mot sur ce que je suis, hypersensible, je me rends compte de cet atout indéniable.
En effet, depuis toujours je ressens les gens, donc en les touchant, mes sens sont décuplés. Souvent on me dit « mais tu as trouvé des tensions dont je n’avais pas conscience ». Et oui c’est mon métier ! Je sais si la personne se relâche, je n’ai pas besoin de lui demander. Il y a comme un magnétisme, une connexion.
Et lorsque je masse, c’est le seul moment où je me sens à ma place, je ne pars pas dans tous les sens. Je suis concentrée et je ne m’autosabote pas, car je sais que je suis douée pour cela.
Aujourd’hui, je travaille principalement à Paris. Je me déplace à domicile, essentiellement dans l’Ouest parisien (mais je vais plus loin s’il y a des demandes groupées). J’adore ! Je pénètre dans l’univers des gens. Déjà en tant qu’hypersensible, je ressens l’atmosphère. Je n’ai rencontré que des personnes formidables, bienveillantes qui me remercient à la fin de chaque massage ! Faire du bien au gens me fait du bien à moi aussi.
Ma meilleure anecdote c’est lorsqu’une cliente et amie me dit « je te décerne le Nobel du massage ! ma tension est partie après ton massage ! » On ne m’a jamais décerné le Nobel de la meilleure vidéo avant…
Et là, je sais donc que je suis à ma place.
J’aimerais aussi développer mon offre en entreprise, mais le démarchage n’est pas mon fort ! (Deborah arrête encore de t’autosaboter !!) Surtout que j’ai conçu pour les entreprises un atelier collectif d’auto-massage, afin prendre conscience de son corps, ses tensions et comment les soulager.
Sûrement encore un truc d’hypersensible, j’ai une sensation très précise de mon corps, et j’ai souffert de pas mal de douleurs dans le dos et les cervicales. Donc lorsqu’un client(e) me dit « j’ai mal là », souvent, je vois tout à fait de quoi on parle, je connais cette douleur ! et bien sûr lorsqu’on a connu le ressenti, on sait mieux le soulager.
Je suis massothérapeute et j’adore ça !
Je ne suis pas à la lettre un protocole, mon massage est un mélange de massage suédois qui décontracte les muscles avec du thaï, ma base, le meilleur massage que je connaisse, qui allie points de pression et étirements.
Je continue à me former, en anatomie, en approche ostéopathique et bientôt en fasciathérapie. Je ne suis plus juste masseuse, non, je suis massothérapeute.
Aujourd’hui je mène ma barque avec gouvernail, bonheur et sensibilité ! Je procrastine moins et je tente d’aller plus au bout des choses.
« Tu fais quoi dans la vie ? je suis massothérapeute et j’adore ça ! »
Merci Charlotte, tu y es peut-être aussi pour quelque chose !
Crédit photo : depositphotos.com/fr/
Deborah NATAF
Téléphone : 06 24 32 05 03
Instagram : debo_massage
Linkedin : Deborah Nataf


Bravo, c’est amusant, à mon petit niveau lorsque je devais masser quelqu’un qui souffrait, on me disait :c’est incroyable tu sais tout de suite où aller. Et ça soulage. Bien sur je connais aussi toutes ces douleurs. Mais je ne savais pas encore que j’étais hypersensible… ceci explique peut être cela!
En tout cas bravo de vous être lancé . je vais essayer de vous trouver.
Merci Isabelle de votre commentaire. Et oui c’est instinctif de trouver les tensions des gens !;-)
Comme tout hypersensible votre témoignage est une bouffée d’oxygène quand on sait combien de doutes et douleurs ont été les obstacles intérieurs.
Je traverse une longue période de procrastination et un jour peut-être je partagerai mon témoignage.
Belle continuation Déborah
https://www.leshypersensibles.com/massotherapeute-et-hypersensibilite/