Quand les hypersensibles travaillent dans la transition écologique

Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenter Marie Vabre, journaliste de solutions et fondatrice d’Inspirer & Co. Je vous laisse la découvrir à travers sa présentation.

Journaliste de solutions indépendante, je suis hypersensible, comme beaucoup de professionnels engagés sur les enjeux planétaires. Nombre d’entre nous traversons des phases d’éco-anxiété, de lassitude, voire d’épuisement. Et si nous prenions soin de notre « écologie intérieure » pour mieux décupler nos impacts positifs ?

Après une dizaine d’années comme réalisatrice de reportages TV, c’est la perte totale de sens : généralisation d’un management déplorable tant humainement que sur le plan matériel, formatage imposé par des décideurs déconnectés du terrain et souvent, manque d’éthique dans les pratiques journalistiques.

De l’hypersensibilité à l’éco-anxiété

De plus en plus soucieuse du sort de la planète sur laquelle vit mon enfant, je décide de reprendre mes études en quête de sens. Aux côtés d’autres adultes en reconversion, je suis alors un Master passionnant en Développement Durable, dans une grande école. Diplôme, stages et nouveau réseau me permettront enfin de travailler au quotidien sur les sujets qui m’animent depuis ma jeunesse. Loin d’être si simple, c’est un saut vertigineux dans le vide…

Que faire de cette masse d’infos anxiogènes ? Alertes scientifiques sur l’urgence climatique et la perte de la biodiversité, multiplicité des crises, des injustices liées aux rapports Nord / Sud, etc. En plus de l’incertitude liée à l’emploi, je surnage en pleine éco-anxiété, lorsque le destin met Charlotte Wils sur mon chemin. À l’époque, il n’y a rien dans la presse sur ce sujet, encore peu traité au sein de la recherche en psychologie-sociale. C’est la déprime, voire l’angoisse face aux méfaits écologiques et au dérèglement climatique.

L’hypersensibilité comme potentiel d’action pour la planète

Mon hypersensibilité est alors difficile à porter faute d’identification, de connaissances et d’accompagnement adapté, avec un sentiment grandissant d’impuissance, de décalage et de solitude, malgré une famille aimante et des amitiés fortes. Charlotte commence par me faire comprendre que « l’hypersensibilité est une singularité précieuse », un trait de personnalité revêtant une multitude de qualités, de potentiels, de forces. Elle me faire prendre conscience que je suis en droit d’être fière de mes accomplissements et de me réjouir du positif. Des premiers pas bienfaisants qui ouvrent grand le champ des possibles !

Les années passent… Le coaching, des lectures, des conférences me font évoluer, grandir, accepter, apprécier de plus en plus cette hypersensibilité et rencontrer des « semblables ». Parallèlement, je me réconcilie avec mon métier initial, en restant concentrée sur les impacts positifs. Le « journalisme d’impact » ou « de solutions » me met dans l’action, m’ouvre les yeux sur les citoyens et organisations de tous secteurs privés et publics qui font leur part de colibris, pour la société et la planète. J’ai la chance de rencontrer des acteurs du changement et de partager leurs initiatives auprès du grand public. Si mes articles et mes vidéos participent modestement à atténuer l’éco-anxiété d’autres personnes, à sensibiliser et à mettre en mouvement, j’en suis ravie !

« Ton écologie intérieure d’abord »

En cours de route, une association me confie une mission excitante. Trois facteurs vont jouer en ma défaveur : le temps est trop court (j’ai pourtant accepté en conscience), le manager est toxique (idem), et mon perfectionnisme est alors incorrigible. Lié en partie à la pensée en arborescence et au syndrome de l’imposteur, il semble très répandu chez les hypersensibles. Fort heureusement, il s’est apaisé depuis, grâce au coaching notamment. Pendant des mois, je me lève à 5h, me couche tard le soir, travaille le week-end, en parallèle d’autres commandes « impossibles à refuser ».

Quand le projet s’achève, je suis au bord de l’épuisement mental et physique. C’est alors qu’une séance avec Charlotte provoque en moi un déclic salvateur : « Marie, c’est très bien de travailler dans la transition écologique et solidaire. Mais si tu ne te préoccupes pas de ton écologie intérieure d’abord, tu vas continuer à te perdre au passage ». Je reproduisais un schéma autodestructeur, en forme de loyauté inconsciente envers le passé. Il m’a fallu du temps, du travail et la bienveillance de Charlotte pour comprendre cette évidence, et l’intégrer réellement.

Sacrifier ma santé et un certain plaisir ne sauvera pas la planète !

Prendre soin de mon écologie intérieure, aujourd’hui, c’est une certaine hygiène de vie sans quête de perfectionnisme et sans perdre de vue la notion de plaisir. C’est l’acceptation de lâcher prise quand c’est nécessaire, être dans le « ET » / « OU » plutôt que le « MAIS » / « PLUS JAMAIS ». Me coucher à des heures décentes ET faire quelques écarts aussi. Cuisiner sainement dans l’idéal, ne pas sauter de repas, ni grignoter devant l’ordinateur… ET alléger sa logistique avec des produits transformés parfois, ou se ravir de junk food occasionnelle. Éviter de procrastiner la méditation, le yoga… OU remplacer par 10 minutes de plus au lit un matin si cela me convient mieux, ET bien respirer plusieurs fois dans la journée. Me ressourcer dans la nature le plus régulièrement possible… OU juste marcher en conscience dans la rue, les espaces verts, en observant les plantes et les arbres…

Cela passe aussi par m’offrir des moments de détente sans culpabiliser ! C’est également oser dire non pour éviter la surcharge de travail (quitte à renoncer à certaines collaborations) ; oser dire non aux relations toxiques (présentes y compris dans les organisations les plus vertueuses de l’extérieur) ; oser dire non aux vieux démons, cette tentation d’en faire toujours plus. J’ai enfin compris que sacrifier ma santé et un certain plaisir ne sauvera pas la planète ! C’est un chemin constant de vigilance et d’apprentissages.

Au fil du coaching et d’ateliers en leadership éthique qui ont été de véritables leviers de transformation intérieure, je me suis autorisée à quitter ce syndrome de l’imposteur et l’autocensure. Les croyances limitantes ne rendent pas service ; ni à moi, ni aux autres femmes qui ont peur de briller, ni à la planète. J’ai choisi de laisser libre cours à ma créativité et de cultiver mon potentiel d’actions. C’est ainsi qu’en plus du journalisme, je suis devenue entrepreneure à impact, en fondant Inspirer & Co. L’idée : embarquer les professionnels et décideurs à la rencontre d’acteurs du changement, à la découverte de solutions de la ville et de l’économie « de demain » pour les inciter à agir. Comment ? Via des « learning expéditions » locales, des « expériences écoresponsables », des conférences inspirantes et des contenus à impact.

La charge mentale, affective… écologique et planétaire

Continuellement, je suis amenée à croiser des personnes à des postes très différents, de la « ville durable » à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), en passant par l’Économie sociale & solidaire (ESS). Nombre d’entre elles portent une sorte de « charge planétaire », traversent des émotions et sentiments liés à l’ampleur des problématiques : tristesse, peine, colère, peur, anxiété, lassitude, jusqu’à l’épuisement parfois. Vivre ces sujets en mode sacrificiel, comme une croix, s’avère douloureux et contre-productif.

Mon chemin de mieux-être passe par une acceptation : on ne porte pas seul tous les enjeux du « développement durable » sur ses épaules. Intégrer des communautés d’action comme Les Impactrices, des réseaux, des collectifs permettent de nouer des liens à titre personnel et professionnel, créer des partenariats et coopérations, avoir des retours bienveillants et constructifs sur ses activités…

Par ailleurs, ce sont souvent les femmes qui portent la « charge écologique » à la maison, en famille. Cela passe par des tâches ménagères supplémentaires permettant d’avoir un mode de vie plus responsable, plus frugal, plus éthique : bio, local, équitable, seconde main, fait maison, DIY, vrac, zéro déchet… Les injonctions sont nombreuses. Notre féminisme semble parfois soluble en chemin, alors qu’on aimerait ne pas avoir à choisir. Sans parler du plafond de verre « qui empêchent les femmes d’être mieux représentées dans les instances décisionnaires sur les questions écologiques et énergétiques ».

Aujourd’hui, c’est avec les professionnelles de la transition écologique au sens large, que j’ai envie de partager : et si nous prenions soin de nous, de notre écologie intérieure & féminine pour se faire du bien ET décupler nos impacts vertueux ? Sur ce chemin, je propose une journée expérimentale mêlant plaisir, détente et permettant de cultiver son empowerment. Sans dogmatisme et prétention d’exhaustivité, des ateliers/conférences aborderont : l’alimentation, l’attention au corps en douceur, les cycles hormonaux, l’alignement de l’individu aux quatre niveaux(corporel, émotionnel, intellectuel, intuitif).

Développement durable et personnel, osons faire le lien !

Journée écologie intérieure le 31 octobre 2020 : téléchargez le programme 

Poser vos questions sur son site internet : Inspirer & Co.

6 réflexions sur “Quand les hypersensibles travaillent dans la transition écologique”

  1. Merci pour ce témoignage qui rend compte du cheminement souvent dicté par notre conditionnement sociétal « a l’envers ». Il ne peut y avoir de VRAI impact écologique et humanitaire sur Terre tant que l’humain ne s’occupera pas en premier lieu de l’écologie/équilibre de son propre système. Le corps et la planète/humanité sont liés. Commencer par Soi est bcp plus sain, logique, porteur et puissant d’un poing de vue énergétique. Arrêtons de culpabiliser pour enfin se responsabiliser, et chercher l’équilibre, la douceur plutôt que les décisions radicales. Et que chacun s’aime pour semer ! Beau chemin a nous tous, Annaig

    1. Charlotte Wils

      Merci beaucoup pour votre commentaire Guilloux. Très beaux chemin à vous également. Au plaisir de vous lire. Charlotte

  2. C’est fou le hasard ou l’intuition… J’ai décidé comme vous d’orienter mon travail (pour ma part en communication) vers une transition écologie. Et comme vous, j’ai souvent cette sensation de sauter dans le vide et ce gros syndrome de l’imposteur que je traine avec moi. Pas mal de choses bougent dans mes activités et j’avais une énergie débordante jusqu’à vendredi passé… J’ai déjà fait des « Burn out » et ça n’y ressemble en rien. C’est comme si j’ai « les bras coupé »… Moi qui ai le cerveau qui fuse à m’en réveiller la nuit, depuis quelques jours… plus rien. Je ne sais pas si c’est « un trop plein » d’énergies positives accumulées à ce fameux syndrome ? Un genre d’implosion due au « confinement » ? C’est vrai que je ne suis pas encore en accord avec mon écologie personnelle. Ce n’est pas évident quand on est passionnée, que tout est en effervescence autour de nous et nous stimule, d’arriver à prendre du temps pour « soi ». Lundi mes cours d’improvisations reprennent, la Covid m’en a privé, je suis persuadée que ça m’aidera. ★ Quand je dis c’est « fou le hasard » ★ C’est qu’aujourd’hui, je me sens comme bloquée dans une « sphère », je n’arrive à rien faire… puis l’idée de chercher des nouvelles sur la page Facebook @Leshypersensibles et je tombe sur votre article ! Je voulais dire « merci » à vous Charlotte Wils, même si j’avais déjà commencé un travail sur moi, après avoir lu votre livre « Itinéraire d’une ultrasensible », j’ai pris conscience que j’étais véritablement « différente » et qu’il était vraiment temps de l’accepter. Il est maintenant temps de respecter mon « écologie personnelle », car si mon intuition est très « sensible » pour les autres, elle l’est beaucoup moins pour moi. Merci beaucoup pour vos partages, on se sent moins seul !

    1. Charlotte Wils

      Merci beaucoup pour votre commentaire Van Diest, pour votre retour le « Itinéraire d’une ultrasensible » et pour votre prise de conscience d’accepter votre « différence » . Prendre soin de votre « Ecologie personnelle » est un excellent début. Au plaisir de vous lire. Charlotte

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