L’image d’Épinal de la famille peut laisser imaginer que la famille est un cocon, un abri, une protection, un nid douillet où il fait bon vivre et partager ses joies, ses peines, ses amours, ses illusions, ses désillusions, ses préoccupations, ses espoirs, ses défis et ses projets. Cette image peut laisser penser qu’elle offre toujours une oreille attentive et bienveillante, une voix familière pour rassurer, encourager, dire des mots doux en toute sincérité — ou secouer avec tendresse et amour.
Cette famille-là existe. Mais elle n’habite pas toutes les maisons.
L'image de la famille pour les hypersensibles
Ce refuge sûr, tranquille et serein n’est pas accessible à tout le monde. On n’a pas besoin d’être battu pour souffrir. On n’a pas besoin de recevoir une sanction pour être dans la douleur. La souffrance et la douleur peuvent être mentales, émotionnelles, psychologiques. Le tourment s’installe parfois de façon insidieuse, lente et croissante. La perversité, la jalousie, la compétition, l’orgueil, le mépris, l’égocentrisme et même la cruauté en sont parfois à l’origine.
L'environnement familial
Nourrisson, enfant, adolescent, jeune adulte : à chaque âge, il reste difficile de percevoir certaines communications délétères au sein du contexte familial. Ce contexte est pourtant censé protéger la personne hypersensible, qui en fait partie depuis sa naissance. Cette difficulté à percevoir les comportements toxiques s’accentue chez elle, puisque l’empathie constitue sa nature première.
Comme le souligne Elaine N. Aron, « L’absence de lien sécurisant dans l’enfance empêche d’apprendre à affronter certaines situations avec confiance ». Dans la majorité des cas, la sensibilité de la personne hypersensible est héréditaire. Il reste néanmoins difficile de déterminer si cette sensibilité vient de l’hérédité ou de l’environnement.
Dans les deux cas, la personne hypersensible développe très tôt une capacité d’empathie sans filtre. Elle adhère pleinement aux émotions des autres.
Par conséquent, elle ressent toutes les émotions et tous les sentiments d’une personne et du contexte familial, comme si c’étaient les siens. Elle capte aussi toutes les énergies et vibrations de son environnement et de l’atmosphère familiale.
Elle ne dispose généralement d’aucune protection, d’aucun système de défense, y compris dans son propre foyer. Dès son plus jeune âge, elle encaisse en pleine figure les critiques, les reproches, les remarques et les accusations d’un environnement nuisible. Elle reçoit tout autant l’enthousiasme, la joie, la vitalité, la motivation ou la chaleur de son environnement familial.
Durant son enfance et son adolescence, elle déploie ensuite une énergie colossale pour être acceptée et aimée. Il arrive pourtant qu’elle se sente différente et incomprise des autres membres de sa famille.
Comme une éponge, elle reçoit, absorbe et encaisse toutes les émotions et tous les sentiments. Ces émotions agissent sur elle comme des poisons ou des délices : elles la démolissent, ou elles la construisent, selon leur nature. Chaque phrase, chaque mot qu’elle entend devient pour elle un coup d’épée ou une caresse.
Que faire dans un environnement familiale toxique ?
Lorsque le terrain familial est miné, mieux vaut s’en protéger et s’en éloigner. La personne hypersensible gagne alors à se tourner vers une personne extérieure : un thérapeute, un psychologue ou un coach, dépourvu de toute implication personnelle avec elle.
En sortant de ces jeux psychologiques malsains, elle peut retrouver un nouvel équilibre et créer de nouvelles relations. Comme sur une nouvelle terre, dans un nouveau terreau, elle découvre alors une seconde vie, une vie où elle peut enfin être elle-même, s’écouter et s’épanouir.
« Dans une famille on a beau avoir vécu les mêmes choses, on n'a pas les mêmes souvenirs . »
Marie Darrieussecq ( Artiste, écrivain, Psychanalyste, Scientifique (1969 - )
Conclusion
La famille devrait être ce cocon protecteur que l’on imagine. Pour certaines personnes hypersensibles, elle reste pourtant un lieu de tourments silencieux, difficiles à nommer, parce que la souffrance n’y laisse pas toujours de traces visibles.
Reconnaître cette réalité n’est ni une trahison envers les siens, ni un manque de gratitude. C’est au contraire un acte de lucidité et de courage, souvent nécessaire pour se protéger et se reconstruire.
S’éloigner d’un environnement toxique, se faire accompagner par un regard extérieur bienveillant : ce sont là des étapes essentielles pour retrouver un équilibre. Car il est toujours possible, à tout âge, de se donner une nouvelle terre où grandir, s’épanouir et devenir enfin pleinement soi-même.


Bonjour,
J’ai découvert l’explication de l’hypersensibilité il y a peu.. mais comme j’aurai aimé lire tout cela avant, cela m’aurait expliqué tant de chose et surtout fait comprendre que je ne suis pas anormale, trop faible .. j’aurai appris à me protéger et à m’épanouir au lieu de me construire une muraille derrière laquelle je souffrais en silence. Je ne dis surtout pas cela pour me plaindre ; je me sens tellement moins seule. Il n’est jamais trop tard; alors merci pour que ce que vos écrits m’ont apporté, m’apporteront et m’aideront..
Merci à vous,
Oui, mieux vaut tard que jamais. Continuez à vous informer sur le sujet et à croire en vous.
Bien à vous
Charlotte
Bonjour je vous remercie de ce contexte même si jusqu’à la j’arrive pas à me prive de veille sur le bien être de ma famille qui jusqu’à la prend mes intentions , de mauvais augure . Je sais plus quoi faire
Ma compagne est hypersensible. En conflit avec ma famille et parfois ses propres parents et amis. Extrêmement susceptible, il est généralement difficile de parler sans explosion de colère ou sensation d’agression ou mépris chez elle. Elle ne veut pas consulter car l’hypersensibilité n’est pas une maladie. Elle cultive un lien fusionnel avec notre fille de 3 ans en faisant chambre à part avec elle et dit que c’est de ma faute si elle ne veut plus dormir avec moi. Je suis démuni et je n’arrive pas à trouver un équilibre dans la communication. Pouvez-vous me conseiller svp.
Bonjour Marc,
Merci pour votre témoignage. Je comprends, ce n’est pas toujours facile. Aussi, vous comprendrez que je ne peux répondre à cette question comme ça, il faut voir le contexte et tous les éléments pour pouvoir être au plus juste. Si vous le désirez, je reçois également des personnes non-hypersensibles qui tentent de comprendre le fonctionnement d’un ou d’une leur proche hypersensible.
Bien à vous.
Charlotte
Je tombe sur votre article ce jour qui me sauve la vie, car j’ai l’impression que vous parlez de moi et de mon fils, et aussi de ma mère. Je viens de découvrir qui je suis réellement et je comprend enfin mon fonctionnement. Je ne suis pas « bizarre » ou trop « nian nian », je suis juste celle que j’ai toujours été. J’ai toujours eu le sentiment de ne pas être à ma place et je comprend enfin pourquoi. D’ailleurs je débute dans le Coaching, et je comprend donc pourquoi je n’avais pas encore découvert ma cliente idéale.
j’ai 47 ans et je crois que vous venez de donner un autre élan à ma vie.
Merci infiniment. Que Dieu vous bénisse.
Je suis ravie que mon article éclaire votre chemin chère madame.
Je vous souhaite le meilleur dans la suite pour vous.
Que Dieu vous bénisse également