L’hypersensibilité n’est ni une maladie, ni un trouble, ni une pathologie, ni même un « problème » en soi. Seulement, elle peut être devenue un « problème » parfois chez certaines personnes pour qui, bien souvent durant l’enfance, cette sensibilité n’aurait pas été reconnue, autorisée, accueillie, protégée et défendue.
Cet enfant sensible, hypersensible généralement depuis sa naissance a mis alors en place de manière instinctive, consciemment ou inconsciemment des stratégies d’adaptations pour faire taire ses émotions et se fondre, se confondre ou disparaître dans le monde qui l’entoure.
Ces stratégies peuvent être différentes selon chacun ou chacune, cela peut être l’effacement, l’imitation ou l’adhésion. (voir l’article : ) Seulement, c’est en adoptant l’une de ces stratégies qu’il ou elle aura alors « problématisé » sa sensibilité, son hypersensibilité et les situations qui en découlent. Une stratégie qui peut être efficace un temps défini, mais plutôt de courtes durées, peut devenir un problème si la personne hypersensible continue à nier, rejeter ou refouler ses émotions, ses sensations, ses perceptions, ses idées, son intuition. La personne hypersensible ferme alors la porte à toute sa singularité, à toute sa valeur ajoutée et à tout son univers propre. C’est ainsi que la personne hypersensible aura alors « problématisé » son hypersensibilité. Elle se plie, se contorsionne, s’incline aux besoins et aux attentes des autres, bien souvent de ceux mêmes qui n’ont pas vu, entendu, perçu ou senti le trésor enfoui derrière un physique parfaitement semblable aux autres.
L’hypersensibilité ne se voit pas, elle est invisible à l’oeil nu.
Les enfants et les adolescents en général, mais surtout les enfants et les adolescents hypersensibles ont une souplesse physique, morale et émotionnelle très grande, d’ailleurs n’entendons-nous pas souvent dire « Les enfants s’habituent à tout » ou « Les enfants s’adaptent très bien » Evidement !!!… Leur pose-t-on seulement la question ? Ou, leur laisse-t-on simplement le choix ? Ils ont donc certes une habileté à s’adapter, à s’effacer, ou tout simplement à obéir. Mais, cela sera donc beaucoup plus tard que les problèmes apparaîtront, et c’est donc beaucoup plus tard, à l’âge adulte généralement que dans certaines nouvelles relations sociales, amoureuses ou professionnelles que ces stratégies d’adaptation, d’effacement ou d’imitation n’ont plus leurs places, ne fonctionnent plus, sont obsolètes et deviennent encombrantes, gênantes, désagréables et donc « problématiques". Elles parasitent la communication des personnes hypersensibles qui ne savent plus comment se comporter ou vont se sentir en décalage, et ces stratégies d’adaptation efficaces à un moment donné peuvent même se retourner contre la personne hypersensible elle-même.
C’est donc plus tard que ces stratégies ne seront véritablement plus adaptées dans la vie adulte, même si elles ont été utiles durant l’enfance. L’adulte hypersensible n’est alors pas équipé, pas armé à mener une vie d’adulte sereine. Il est en permanence en proie au doute, à l’angoisse et au déni de cette grande sensibilité, de cette hypersensibilité. Ce qui aurait pu devenir un talent si elle avait été reconnue, accueillie et acceptée par l’entourage, puis par la personne elle même est alors devenu un problème. C’est donc véritablement la méconnaissance de l’hypersensibilité, l’absence de permission de la part des adultes qui entourent l’enfant hypersensible et la non-acceptation de sa sensibilité pour être conforme qui font que l’hypersensibilité devient un problème pour l’enfant, l’adolescent et pour l’adulte en devenir.

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