Continuer à apprivoiser son hypersensibilité dans son métier d'entrepreneure

Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenter Margot Vappereau, créatrice et fondatrice d’Expatez-Vous ! une entreprise de conseil et d’accompagnement pour les expatriés français. Projet personnel ou professionnel, en solo, en couple ou en famille, Margot aide les expatriés à cheminer aussi bien dans le pratique que dans le personnel. Je vous laisse la découvrir.

« Ça fait un bout de temps qu’on s’est connues et reconnues, mon hypersensibilité et moi. Elle a même plusieurs surnoms : « Jean qui rit, Jean qui pleure », « Bob l’éponge « , « le poids du monde sur les épaules », « la cocotte-minute »… Des surnoms pas toujours reluisants, mais finalement toujours très justes.

Un médecin m’a dit, il y a 10 ans de cela, après 1h30 de torture psychologique et de questions autour de ma famille : « Et bien jeune fille, vous êtes hypersensible, vous allez bien et vous allez vous éclater en voyage ! ». Oui, il cherchait seulement à savoir si je partais à l’étranger pour les bonnes raisons. En quelques mots, il a fait son boulot de médecin et s’est assuré de mon état physique ET mental.

Je vous dis cela, car c’est la première fois que quelqu’un, qui plus est un professionnel, posait des mots dessus et ne me regardait pas avec des yeux de chien battu pendant que je pleurais. Et tout sonnait très positif dans sa bouche.

Mais au cours de ma carrière d’infirmière et d’humanitaire, mes émotions et mes réactions ont souvent dérangé. « Faut que tu te blindes », « va falloir te faire une armure solide », « je suis désolée, mais vous n’aurez pas ce job, car nous avons peur que vous ne sachiez pas gérer vos émotions sur le terrain », « arrête de pleure, ça ne fait pas pro »… Et pourtant…

Mes émotions sont ma plus grande force, et ce, depuis un bout de temps déjà et je ne les échangerai pour rien au monde. Identifiée, acceptée, bien vécue, mon hypersensibilité est comme mon plus fidèle compagnon, et m’aide à traverser les défis de la vie !!

Dans mes activités professionnelles précédentes, elle me permettait de mettre de l’humanité, de l’écoute, de rendre les épreuves traversées par mes patients plus accessibles et de traiter toutes mes émotions plus vite. C’est humain de pleurer et de partager la peine d’autrui.

Mon hypersensibilité et mon caractère m’aident aussi à anticiper certains besoins : les miens, ceux des autres, avant qu’ils ne le sachent eux-mêmes, d’y être vraiment attentif en laissant une place réelle et primordiale pour exprimer les émotions, en essayant de ne pas empiéter dans la zone de l’autre.

Et de toutes mes expériences, j’en ai aussi éprouvé les limites : prendre soin des autres oui, mais pas au prix de ma santé mentale, pas pour porter le poids du monde sur mes épaules. Aider, être au service de, sans que les responsabilités m’écrasent. C’est la raison pour laquelle je me suis réorientée. Je n’exerce plus aujourd’hui comme infirmière dans un service ou comme responsable de projet humanitaire sur le terrain, mais j’ai combiné toutes ces expériences pour accompagner et aider les autres à se sentir bien dans un contexte particulier : celui de l’expatriation.

J’ai créé Expatez-Vous !, une entreprise de conseil et d’accompagnement pour les expatriés français (ou futurs expatriés) et je les aide à cheminer aussi bien dans le pratique que dans le personnel.

Et cette nouvelle aventure de l’entrepreneuriat a été un nouveau défi pour mon hypersensibilité et moi ! Apprendre à se gérer seule, apprendre à vendre, mais avec le cœur, à parler de soi, à « dé-taboo-iser » certains sujets, à s’exposer. Le monde n’est pas encore totalement prêt pour les grandes sensibilités, mais une place leur ait réservé. La saisir sans en avoir peur, c’est là tout l’exercice !

L’entrepreneuriat est, pour le moment, une aventure solo pour moi : je crée seule, j’avance seule, je me cadre seule et je vis intensément, mais seule mes hauts et mes bas. Alors j’apprivoise, au fur et à mesure, ces nouvelles réactions, ces nouvelles montagnes russes. Pas toujours évident quand on avait l’impression de maîtriser un minimum et de se connaître. Il reste encore des milliers de choses à découvrir, à réapprivoiser, à laisser couler, à accepter. Mais ça vient, petit à petit. Et c’est ça qui est passionnant. Merci Charlotte d’avoir été d’un soutien très éclairant dans cette nouvelle étape de vie. »

 

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