Une série de rencontres autour de l’hypersensibilité, de femmes et d’hommes qui ont appris à l’apprivoiser pour en faire une ressource. Loin d’être une faiblesse, l’hypersensibilité peut être une force, capable de déplacer les montagnes. C’est justement parce que nous sommes hypersensibles que tout devient possible.

RENCONTRE AVEC MARIE-PIERRE PLANCHON

Productrice et animatrice sur France Inter, auteure

Quand et comment avez-vous découvert votre hypersensibilité ?

J’ai commencé à comprendre que j’étais hypersensible grâce au premier film Avatar dans lequel l’arbre maître est menacé. Ce film a fait écho à une scène que j’ai vécue quand j’étais adolescente et où on m’avait dit que j’étais trop sensible. Il y avait près de chez moi un champ qui était notre terrain de jeux. Ce champ était rempli de pommiers. Un jour, j’ai entendu des tronçonneuses. Ils étaient en train de couper tous les pommiers. J’ai pleuré, pleuré. C’est comme si ça m’atteignait directement dans ma chair. C’est comme si je ressentais tout ce qu’on faisait à la nature. C’est à ce moment-là que ma mère, pourtant très à l’écoute, et très sensible m’a dit : « Pourquoi tu pleures autant? Tu es trop sensible! ».

Plus récemment, deux séries sont venues me chercher encore plus sur l’hypersensiblité. Le premier épisode d’Astrid et Raphaëlle et aussi HPI. Astrid est une documentaliste autiste qui est très sensible au bruit. Et moi aussi, je suis très très sensible au bruit. J’ai des acouphènes et je me promène dans la rue avec des bouchons d’oreilles. Je me suis dit que j’avais peut-être un trouble autistique. Et en voyant HPI, je me suis dit que j’étais encore plus hypersensible que le personnage de HPI. Je pense que je suis encore plus sensible qu’hypersensible, je suis ultrasensible. Je suis Ultra Potentiel Sensible, UPS. C’est exactement comme le transporteur. Le Ultra Potentiel Sensible, traite beaucoup d’informations. Il en est submergé!

Je me suis toujours sentie différente des autres et tout ce que je voulais, c’était être comme les autres. J’avais quelque chose en plus que les autres n’avaient pas. J’ai appris à vivre avec en évitant de l’exprimer. On m’a toujours dit « tu es trop sensible » comme si c’était une faiblesse. C’était finalement comme une initiation, une invitation pour accueillir mon hypersensibilité, mon ultrasensibilité.

Comment se manifeste votre hypersensibilité ?

Elle se manifeste dans le lien très fort que j’ai au vivant, à la nature et aux êtres humains. J’ai vécu un épisode incroyable à l’aquarium de Canet-en-Roussillon où j’avais été invitée. J’avais tellement mal pour tous ces poissons enfermés dans leur aquarium. À un certain moment, je me suis retrouvée devant un grand aquarium vide et un tout petit hippocampe est venu jusqu’à moi. Il m’a regardée. J’ai alors senti une telle vibration d’amour de ce petit être. Je me rends compte à quel point la nature est vivante, vibrante.

Je ne peux plus cuisiner de la viande et ni du poisson. Et je ne peux pas du tout manger de poisson surtout quand on voit les yeux. Je stresse aussi quand je cuis des légumes. C’est du vivant!

Une autre facette de mon ultrasensibilité, c’est que je ressens très fortement les êtres humains. Je sens l’énergie de l’autre. Je sens quand la personne en face de moi ne va pas bien. C’est vraiment quelque chose que j’ai appris à gérer. C’est en priant que j’apprends à me protéger et à transformer cette énergie.

De ce fait, mon ultrasensibilité m’a appris à rentrer en moi. C’est un baromètre pour mieux me connaître et me faire une idée de ma météo intérieure. Mon ultrasensibilité devient alors un guide et une vraie force.

Je suis électrosensible et donc très sensible au wifi. Quand je pars en vacances, je pars dans des endroits où il n’y en n’a pas.

Je suis également très très sensible au bruit. En ce moment il y a des travaux au-dessus de chez moi et ce bruit m’épuise. Le bruit est pour moi comme une agression sonore. Qu’il s’agisse du marteau piqueur, d’une tondeuse, d’un frigo, du tapotis du clavier d’ordinateur. Je ne comprends pas que les camions poubelles ou les camions pour nettoyer les rues soient si bruyants. Pourquoi les machines en général font du bruit?

Je ne me considère pas du tout comme une victime. J’attire ce qui me fait évoluer. L’épisode que j’ai vécu avec l’arcus en Aout 2022 en Corse et où j’ai véritablement cru mourir est un bon exemple. Un arcus, c’est un rouleau de nuage horizontal très dense et très impressionnant. Il a été accompagné de vents qui soufflait à 224 km/h. C’est la force d’un cyclone. Vivre cet épisode traumatisant m’a imposé d’en parler dans mon livre et de mettre des mots sur la communion que je ressens avec la nature. Trois jours avant l’arcus, je n’avais pas pu me baigner. J’entendais la mer pleurer.

Mon hypersensibilité s’exprime enfin dans la façon dont je reçois, dont je vis les films. Quand j’ai vu Titanic, j’ai eu le lendemain un épanchement de synovie. Mon ostéopathe m’a dit que c’est comme si j’avais coulé avec le Titanic. Je vis intensément les films que je regarde. Depuis 20 ans, je ne peux plus regarder de film violent. C’est rare de trouver des films, des séries où il n’y a pas de violences, qui ne commencent pas par un crime. Les films policiers que j’adorais sont devenus trop violents pour moi. J’ai adoré la série sur les Durell qui se passe en Grèce et aussi Downtown Abbey. C’est plus doux.

Qu’est-ce que ça a changé dans votre vie de vous savoir hypersensible ?

Je me suis sentie beaucoup plus libre. Comme si je passais un niveau. Cela m’a donné une énergie incroyable et mon champ des possibles s’est encore plus ouvert. Je pense qu’il va y avoir de plus en plus de personnes hypersensibles. Il faut arrêter de sacrifier la nature et les êtres humains. Le fait de reconnaître mon hypersensibilité m’a conduite à assumer ma connexion avec le divin et à libérer ma parole. J’ai pu libérer ma sorcière bien aimée grâce à mon magicien d’Ose!

Est-ce que vous en avez parlé autour de vous?

Oui bien sûr j’en ai parlé autour de moi. Mais je me rends compte que même mon entourage pourtant très sensible ne me comprend pas complètement. Par exemple, ils ne comprennent pas à quel point le bruit peut être un problème pour moi. Je choisis toujours les endroits les plus calmes et silencieux possibles que ce soit pour un thé, des interviews ou déjeuner. Sincèrement, ce n’est pas évident à trouver! Et il faut toujours expliquer, se justifier!

Les outils, les clés qui vous permettent d’apprivoiser votre hypersensibilité au quotidien ?

Il y a tout d’abord deux clés très importantes pour moi. C’est être douce avec moi-même, m’écouter. Et la deuxième clé, c’est bien m’entourer de personnes bienveillantes.

Concernant les outils, la sophrologie, l’acupuncture, l’ostéopathie sont essentiels à mon équilibre. Je suis suivie aussi par une thérapeute énergétique qui me réaligne. C’est sûr que tout cela peut avoir un coût mais c’est vital pour moi.

La méditation et la prière sont également des outils auxquels j’ai recours tous les jours. En me couchant et en me levant, j’ai des rituels de prières. J’appelle aussi mes anges, Saint Antoine de Padoue ou Ezechiel pendant la journée.

Je marche beaucoup et je médite en même temps. Dès que je suis au bord de la mer, je nage.

Quelles portes se sont ouvertes grâce à votre hypersensibilité ?

Toutes les portes se sont ouvertes grâce à mon hypersensibilité. Toutes les grâces et les synchronicités que j’ai reçues dans ma vie, c’est grâce à mes anges et à mon hypersensibilité. C’est elle qui me permet de communiquer avec le monde invisible et d’être inspirée par le monde invisible. L’écriture de mon livre, Pour l’amour du ciel, est le fruit de cette libération, de l’accueil et de la reconnaissance de mon hypersensibilité.

Pour ce livre, je suis partie avec l’idée d’un plan et je n’avais plus d’inspiration au milieu de ce plan. J’ai alors vécu une synchronicité incroyable à laquelle j’ai pu être sensible grâce à mon hypersensibilité. Ce jour là, c’était l’anniversaire de la mort de Daniel Levi. Sa femme avait posté un très beau message sur les réseaux. J’adore la chanson de Michel Legrand et Françoise Sagan qu’il a reprise, Dis-moi. Elle me touche. Elle me transporte. Le lendemain une amie vient me voir à Coutainville. Elle a besoin de mon aide pour faire la marche arrière. Je monte dans sa voiture. J’allume le contact. Et à cet instant précis, la radio diffuse Dis-moi interprété en plus par Michel Legrand que j’aime plus que tout. Je comprends que c’est un signe et un feu vert pour parler de Sahbi, l’amour de ma vie passé de l’autre côté. L’inspiration est revenue comme par magie. J’ai pu continuer et finir mon livre.

Mon hypersensibilité m’a beaucoup aidée dans les interviews que j’ai faites pour mes podcasts sur France Inter. Grâce à mon empathie, je suis en symbiose avec les personnes que j’interviewe. Souvent, ces personnes m’ont avoué qu’elles m’avaient raconté des choses qu’elles n’avaient jamais dites avant.

Vos plus grandes fiertés d’hypersensible ?

Mes plus grandes fiertés sont mes deux livres. C’est mon ultrasensibilité qui m’a inspirée et m’a guidée, qui m’a permis d’écouter mes guides et mes anges. J’ai l’espoir qu’il touche un maximum de personnes interpellées par l’ultrasensibilité et le dialogue avec l’invisible.

Je ressens aussi un grand bonheur d’avoir pu recevoir des messages pour des personnes de mon entourage, que j’ai pu aider, rassurer. C’est de la clairaudience et du ressenti. C’est une force qui assigne à quelque chose. Le mental ne peut absolument pas s’en mêler. Cela se passe au niveau du corps et du cœur. Le cœur est selon moi un des lieux de l’hypersensibilité.

3 conseils aux hypersensibles

  • Croyez en vous
  • Se faire aider par un thérapeute pour accueillir cette hypersensibilité
  • S’écouter et écouter sa petite voix intérieure, écouter son âme.

C’est précisément ce que j’ai essayé de faire avec mon podcast sur France Inter La Route du Soi. Tenter d’être à l’écoute de notre voix intérieure. Elle est là pour nous guider.

Extraits choisis

On m’a toujours dit « tu es trop sensible » comme si c’était une faiblesse. C’était finalement comme une initiation, une invitation pour accueillir mon hypersensibilité, mon ultrasensibilité

Mon ultrasensibilité m’a appris à rentrer en moi. C’est un baromètre pour mieux me connaître et me faire une idée de ma météo intérieure. Mon ultrasensibilité devient alors un guide et une vraie force.

 Le fait de reconnaître mon hypersensibilité m’a conduite à assumer ma connexion avec le divin et à libérer ma parole.

Toutes les grâces et les synchronicités que j’ai reçues dans ma vie, c’est grâce à mes anges et à mon hypersensibilité.

Quelques liens/conseils de lecture

Livres
La prophétie des Andes  de James Redfield 
L’Analyse des rêves de Carl Gustav Jung
Dialogues avec l’ange, Gitta Malasz
Se guérir grâce à ses images intérieures de Marie-Lise Labonté et Nicolas Bornémisza 
Dis moi où tu as mal je te dirais pourquoi de Michel Odoul 

Films
La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch
Ghost de Jerry Zucker
Always de Steven Spielberg 
Avatar de James Cameron 

Pour prolonger la rencontre avec Marie-Pierre Planchon

Pour l’amour du ciel, Marie-Pierre Planchon, éditions Robert Laffont
Jeannette et les fées du temps qu’il fait  » illustré par Laure Phelipon aux éditions Michel Lafon

Podcast France Inter La Route du Soi

Podcast France Inter Partir avec

Exposition au Musée des Beaux arts de Rouen Sous la pluie, peindre, vivre et rêver

 

1 réflexion sur “Rencontre avec <br>Marie-Pierre PLANCHON”

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