On reconnaît aujourd’hui de plus en plus l’hypersensibilité, mais on la commente aussi de plus en plus, parfois au risque de la confondre avec autre chose. Je tenais à apporter une nuance qui me tient à cœur : celle entre l’hypersensibilité elle-même et les blessures émotionnelles qui peuvent, chez certains, s’y superposer. Cet article éclaire cette distinction, essentielle pour mieux comprendre ce qu’est réellement l’hypersensibilité.
Faire la distinction entre blessures émotionnelles et hypersensibilité
L’hypersensibilité concerne en moyenne 30 % de la population. Se reconnaître en tant qu’hypersensible peut parfois être délicat. Les informations sont multiples. On ne comprend pas toujours bien d’où vient l’hypersensibilité.
Depuis quelque temps, de nombreuses personnes évoquent fréquemment l’hypersensibilité. On en parle sur les réseaux sociaux, dans la presse ou à la radio. C’est une bonne nouvelle, car l’hypersensibilité gagne à être reconnue. On commence de plus en plus à la reconnaître, à l’accepter et même à la valoriser. Cependant, certains la perçoivent encore de manière très négative, désavantageuse, limitante, voire néfaste.
Mes observations ont continué de faire évoluer ma perception. Une nuance me tient à cœur : la distinction entre l’hypersensibilité et les blessures émotionnelles.
En effet, on confond parfois les caractéristiques de l’hypersensibilité avec celles des blessures émotionnelles, ou avec leurs symptômes. Selon moi, on confond trop souvent l’hypersensibilité avec les blessures émotionnelles, ce qui donne une image erronée de l’hypersensibilité. C’est la raison pour laquelle je voudrais reformuler ce qu’est, pour moi, l’hypersensibilité.
Qu’est-ce que l’hypersensibilité ?
L’hypersensibilité est avant tout une capacité accrue à percevoir les informations sensorielles, cognitives et intuitives. Comme toute prédisposition, elle peut devenir un désavantage. Cela arrive surtout quand on connaît mal son fonctionnement. Cela arrive aussi quand on n’en tient pas compte au quotidien, dans ses relations intimes, sociales ou professionnelles.
L’hypersensibilité se caractérise par une réactivité intense aux stimuli sensoriels. Elle implique aussi un fonctionnement cognitif en profondeur et une perception intuitive renforcée. Les personnes hypersensibles perçoivent et ressentent plus intensément les situations, les émotions des autres et les stimulations sensorielles ou cognitives. Cette sensibilité influence donc leur façon de vivre et de réagir aux expériences. Les personnes hypersensibles se sentent souvent en décalage. Elles peuvent aussi ressentir une hypervigilance et une tendance à anticiper.
L’hypersensibilité n’est pas forcément un aspect négatif. Elle apporte aussi des qualités positives, comme la créativité et l’empathie. Elle donne également une sensibilité à l’harmonie et à la beauté. Enfin, elle offre une profonde appréciation des expériences et des êtres.
Qu’est-ce que les blessures émotionnelles ?
La notion de blessures de l’être a d’abord été exposée par John Pierrakos, psychiatre américain. Le concept de blessures de l’âme a ensuite été repris et développé par Lise Bourbeau, thérapeute originaire du Canada.
Selon Lise Bourbeau, nous naissons tous avec une ou plusieurs de ces blessures, mais ces blessures sont vécues à des degrés différents selon les personnes. Toujours selon Lise Bourbeau, ces blessures auraient été créées dans une vie précédente et sont toujours présentes, car elles n’ont pas été acceptées.
Les blessures émotionnelles, aussi appelées blessures de l'être ou blessures de l'âme, comptent au nombre de cinq :
- Le rejet,
- L’abandon,
- L’humiliation,
- La trahison,
- L’injustice.
C’est la blessure du rejet qui fait que la personne se sent souvent rejetée ; c’est la blessure d’abandon qui fait que la personne supporte difficilement d’être seule avec elle-même ; c’est la blessure d’humiliation qui fait que la personne ne connaît pas ses propres besoins ; c’est la blessure de trahison qui fait que la personne ne fait pas confiance aux autres et qu’elle ne délègue pas ; et c’est la blessure d’injustice qui fait que la personne est très exigeante, ne se pose pas de limites. Ce ne sont pas des manifestations de l’hypersensibilité. Cette liste est limitée à un exemple par blessure, mais il y en a beaucoup d’autres. Néanmoins, il est important de ne pas confondre les blessures et l’hypersensibilité, d’où l’importance de connaître notre fonctionnement.
Pourquoi y a-t-il une confusion entre blessures et hypersensibilité ?
Il y a très souvent une confusion, car nous portons tous plusieurs blessures émotionnelles, il n’est pas besoin d’être hypersensible pour cela et on trouve un grand nombre de personnes hypersensibles qui portent de nombreuses blessures émotionnelles. C’est comme si les personnes hypersensibles portaient davantage de blessures émotionnelles que les autres. Il est évident aussi que l’hypersensibilité interagit fortement avec ces blessures, mais encore une fois, les blessures émotionnelles ne sont pas l’hypersensibilité.
Il est donc essentiel de faire la distinction entre blessures de l’âme et hypersensibilité.
Conclusion
Pour faire la distinction, il est important de bien s’informer à la fois sur l’hypersensibilité et sur les blessures émotionnelles, et de prendre le temps de lire des témoignages ainsi que des ouvrages plus didactiques.
De plus, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt : les blessures émotionnelles cachent souvent une hypersensibilité.
Il y aura plusieurs axes de travail thérapeutique :
- Régulation de la sensibilité émotionnelle et cognitive,
- Traiter les blessures émotionnelles,
- Travailler l’écologie personnelle.
Cela peut inclure la recherche de soutien auprès d’un professionnel de la santé mentale qui connaît précisément l’hypersensibilité, les blessures émotionnelles, les techniques de régulation émotionnelle, l’observation et la mise en place d’éléments d’écologie personnelle avec patience et persévérance, ainsi qu’un accompagnement systémique et stratégique pour ne pas passer à côté de l’éventualité d’un ou plusieurs éléments perturbateurs dans l’environnement.
La connaissance des différentes notions permet d’y voir plus clair.

